Le village de Gondo, situé sur le versant sud du col du Simplon, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins entre nécessité économique et sécurité publique. Alors que la localité ne compte que 80 habitants, elle doit composer avec un flux massif de 104 000 camions enregistrés en 2025. Cette situation, où 80 habitants sont face à 100 000 camions par an au Simplon, illustre les tensions croissantes sur les axes transalpins suisses, confrontés à une augmentation constante du transit international de marchandises.
Le passage de poids lourds sur cet axe stratégique a quadruplé en un quart de siècle. Pour les résidents de cette commune frontalière du Valais, la réalité quotidienne est rythmée par un ballet ininterrompu de véhicules de fort tonnage, qui défilent de 5 heures du matin jusqu’à 22 heures. Cette hausse du trafic, qui a progressé de 14 % entre 2024 et 2025, soulève des questions urgentes sur la viabilité de l’infrastructure routière et la qualité de vie dans la vallée de la Diveria.
Une sécurité routière sous haute surveillance
L’inquiétude des habitants ne se limite pas aux nuisances sonores. Elle est exacerbée par la nature même du trafic qui emprunte ce col culminant à près de 2000 mètres d’altitude. La topographie exigeante du Simplon, caractérisée par des pentes marquées et des conditions météorologiques parfois extrêmes, met à rude épreuve les systèmes de freinage et la mécanique des poids lourds internationaux.
Le centre d’inspection du Simplon, géré par les autorités cantonales, joue un rôle crucial dans la prévention des accidents. Selon les données relevées en 2024, sur 934 camions contrôlés, près d’un tiers présentait des irrégularités techniques. Plus significatif encore, environ 10 % des véhicules inspectés ont dû être immobilisés sur place en raison de défaillances critiques, notamment liées aux systèmes de freinage, indispensables pour assurer la sécurité lors de la descente vers l’Italie ou la montée vers le Valais.
Les risques liés au transport de marchandises dangereuses
À la fragilité mécanique de certains convois s’ajoute la nature des cargaisons. Le transit par le Simplon inclut régulièrement le transport de produits chimiques, dont la dangerosité impose une vigilance accrue. Pour Daniel Squaratti, président de la commune de Gondo, chaque véhicule supplémentaire représente une équation complexe à résoudre. Il a exprimé publiquement ses craintes, soulignant que chaque poids lourd additionnel augmente non seulement le niveau de bruit, mais aussi le risque potentiel pour la sécurité du village et de ses habitants.

La situation à Gondo est symptomatique des défis rencontrés par les communes de transit. Le maintien de la fluidité du commerce européen, qui utilise le Simplon comme une artère vitale, se heurte aux limites physiques d’un village conçu pour une circulation locale et non pour un flux industriel ininterrompu. La Police cantonale valaisanne, via son service de la circulation, assure régulièrement des contrôles ciblés afin de limiter les risques d’accidents liés à ces défaillances techniques.
Évolution du trafic et enjeux de mobilité
Le tableau ci-dessous résume les indicateurs clés de la pression exercée sur la commune de Gondo par le trafic lourd, basé sur les rapports récents :

| Indicateur | Données clés |
|---|---|
| Population de Gondo | Environ 80 habitants |
| Volume annuel de camions (2025) | 104 000 véhicules |
| Croissance annuelle du trafic | +14% (entre 2024 et 2025) |
| Taux d’irrégularités techniques (2024) | Près de 33% des camions contrôlés |
| Véhicules immobilisés (2024) | Environ 1 sur 10 |
Pour les autorités valaisannes, le défi est de concilier la liberté de circulation des marchandises prévue par les accords bilatéraux avec la Suisse et la protection des zones habitées. Si des solutions de transfert modal vers le rail sont souvent évoquées au niveau national, l’axe du Simplon demeure, pour l’heure, une alternative indispensable lors de perturbations sur d’autres axes alpins majeurs comme le tunnel du Saint-Gothard.

Le prochain volet de cette problématique devrait se jouer lors des prochaines sessions du Grand Conseil valaisan, où la question de la sécurité des infrastructures routières de montagne est régulièrement portée à l’agenda. Les habitants de Gondo, soutenus par l’exécutif communal, continuent de plaider pour un renforcement des contrôles et une meilleure régulation du transit international.
Nous suivrons de près les prochaines annonces des autorités cantonales concernant l’évolution des dispositifs de contrôle et les éventuelles mesures de mitigation pour les riverains. N’hésitez pas à partager cet article ou à laisser vos réflexions sur les défis de la cohabitation entre transit international et vie locale en montagne.
